Emile Zola

  • Le Figaro du 23 janvier 1868 à propos de Thérèse Raquin : « C'est le résidu de toutes les horreurs. Le sujet est simple, le remords physique de deux amants qui tuent le mari mais qui, ce mari tué, n'osent plus s'étreindre, car voici le supplice délicat qui les attend : "Ils poussèrent un cri et se pressèrent davantage, afin de ne pas laisser entre leur chair de place pour le noyé. Et ils sentaient toujours des lambeaux de Camille, qui s'écrasait ignoblement entre eux." Enfin, un jour, ces deux forçats de la morgue tombent épuisés, empoisonnés, l'un sur l'autre, devant le fauteuil de la vieille mère paralytique, qui jouit intérieurement de ce châtiment par lequel son fils est vengé... Forçons les romanciers à prouver leur talent autrement que par des emprunts aux tribunaux et à la voirie. »

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  • Germinal

    Emile Zola

    Une des grandes grèves du siècle dernier racontée par un journaliste de génie qui en a fait un réquisitoire, un formidable « J'accuse » contre le capital, le roman de la lutte des classes et de la misère ouvrière. Un livre de nuit, de violence et de sang, mais qui débouche sur l'espoir d'un monde nouveau lorsque le héros, Étienne Lantier, quittant la mine « en soldat raisonneur de la révolution », sent naître autour de lui une « armée noire, vengeresse... dont la germination allait bientôt faire éclater la terre ».
    Germinal marque l'éveil du monde du travail à la conscience de ses droits et c'est au cri sans cesse repris de « Germinal ! Germinal ! » que la délégation des mineurs de Denain accompagna le convoi funèbre de Zola à travers les rues de Paris.

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  • Zola Au Bonheur des Dames Octave Mouret affole les femmes de désir. Son grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s'amoncellent, éblouissants, délicats, de faille ou de soie. Tout ce qu'une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d'enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace. Zola fait de la jeune fille et de son puissant patron amoureux d'elle le symbole du modernisme et des crises qu'il suscite. Zola plonge le lecteur dans un bain de foule érotique. Personne ne pourra plus entrer dans un grand magasin sans ressentir ce que Zola raconte avec génie : les fourmillements de la vie.

    Edition de Sophie Guermès.

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  • L'Assommoir Qu'est-ce qui nous fascine dans la vie « simple et tranquille » de Gervaise Macquart ? Pourquoi le destin de cette petite blanchisseuse montée de Provence à Paris nous touche-t-il tant aujourd'hui encore ? Que nous disent les exclus du quartier de la Goutte-d'Or version Second Empire oe L'existence douloureuse de Gervaise est avant tout une passion où s'expriment une intense volonté de vivre, une générosité sans faille, un sens aigu de l'intimité comme de la fête. Et tant pis si, la fatalité aidant, divers «assommoirs» - un accident de travail, l'alcool, les «autres», la faim - ont finalement raison d'elle et des siens. Gervaise aura parcouru une glorieuse trajectoire dans sa déchéance même. Relisons L'Assommoir, cette «passion de Gervaise», cet étonnant chef-d'oeuvre, avec des yeux neufs.

    Edition de Jacques Dubois.

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  • Nana

    Emile Zola

    « Le sujet de Nana est celui-ci : Toute une société se ruant sur le cul. Une meute derrière une chienne, qui n'est pas en chaleur et qui se moque des chiens qui la suivent. Le poème des désirs du mâle, le grand levier qui remue le monde. » (Émile Zola).

    « J'ai passé hier toute la journée jusqu'à 11 heures et demie du soir à lire Nana, je n'en ai pas dormi cette nuit... Les caractères sont merveilleux de vérité... La mort de Nana est michelangelesque ! Un livre énorme, mon bon ! » (Gustave Flaubert).

    Dans ce roman, et dans ce personnage de courtisane, Zola a peint à la fois la corruption d'une femme, de la société où elle recrute ses amants, et d'un régime politique, le Second Empire, qui se rue avec insouciance vers la guerre et la débâcle. Sexualité, histoire et mythe vivent et meurent ensemble, dans un même souffle brutal.

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  • « L'essentiel de La Bête humaine, c'est l'instinct de mort dans le personnage principal, la fêlure cérébrale de Jacques Lantier, mécanicien de locomotive. Jeune homme, il pressent si bien la manière dont l'instinct de mort se déguise sous tous les appétits, l'Idée de mort sous toutes les idées fixes, la grande hérédité sous la petite, qu'il se tient à l'écart : d'abord des femmes, mais aussi du vin, de l'argent, des ambitions qu'il pourrait avoir légitimement. Il a renoncé aux instincts ; son seul objet, c'est la machine. Ce qu'il sait, c'est que la fêlure introduit la mort dans tous les instincts, poursuit son travail en eux, par eux ; et que, à l'origine ou au bout de tout instinct, il s'agit de tuer, et peut-être aussi d'être tué. » Gilles Deleuze.

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  • Camarade de jeunesse de Cézanne, ami et défenseur de Manet et des impressionnistes, Zola a résumé dans L'oeuvre toute son expérience du milieu et des problèmes de la peinture sous le Second Empire et les premières décennies de la IIIe République. Document de premier ordre sur ces «Refusés», ces «plein-airistes» que nous considérons comme les fondateurs de la modernité, L'oeuvre dit aussi la tragédie d'un homme, Claude Lantier, tempérament romantique hanté par des rêves d'absolu, le désir de «tout voir et tout peindre. Des fresques hautes comme le Panthéon ! Une sacrée suite de toiles à faire éclater le Louvre !» Mais, devant l'incompréhension de l'époque, l'absolu du rêve deviendra celui de la détresse, et Claude, qui a commencé comme Manet, aura la même fin que Van Gogh.

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  • Des nouvelles de l'ordinaire, souvent satiriques, qui exploitent avec virtuosité les motifs chers au naturalisme. Olivier Bécaille est-il mort ? C'est en tout cas le diagnostic que le médecin, convoqué par sa femme, prononce au-dessus de sa dépouille inanimée. Mais le malheureux n'a que l'apparence d'un cadavre : prisonnier de son corps inerte, il continue de percevoir le monde qui l'entoure. Et si, trompé par sa torpeur, on l'enterrait vivant ? La Mort d'Olivier Bécaille est suivie de Nantas, L'Inondation et Les Coquillages de M Chabre. 4ème Dossier librio + . Objet d'étude : La fiction pour interroger le réel . Dossier pédagogique spécial nouveaux programmes . Prolongements : Le réalisme en peinture ; l'écriture naturaliste : les brouillons d'écrivains.

  • Zola Le Ventre de Paris C'est dans les Halles centrales de Paris récemment construites par Baltard que Zola situe le troisième épisode des Rougon-Macquart. Après « la course aux millions » décrite dans La curée, ce sera la fête breughelienne du Ventre de Paris, tourbillonnante et bigarrée, ses amoncellements de victuailles, ses flamboiements de couleurs, ses odeurs puissantes de fermes, de jardins et de marées.
    Florent, arrêté par erreur après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, s'est évadé du bagne de Cayenne au bout de sept ans d'épreuves. Il retrouve à Paris son demi-frère qui, marié à la belle Lisa Macquart, fait prospérer l'opulente charcuterie Quenu Gradelle. Mais la place de Florent est-elle à leurs côtés ? A-t-il renoncé à ses rêves de justice ? Car si l'Empire a su procurer au « ventre boutiquier, au ventre de l'honnête moyenne. le consentement large et solide de la bête broyant le foin au râtelier », il n'a guère contenté les affamés. Et la grande kermesse flamande va réveiller bientôt l'éternel affrontement des Maigres et des Gras.

    Nulle part peut-être, mieux que dans Le Ventre de Paris, n'éclate ce don épique qui s'appuie sur le réel pour le déborder bientôt et le transfigurer dans une lumière nouvelle. [.] Pour la première fois ici, un écrivain a discerné et pris en charge la beauté du paysage urbain moderne. Balzac l'avait pressentie, Baudelaire l'avait exaltée, mais c'est Emile Zola qui en a compris la vraie force et qui, avant tout autre, l'a placée au coeur d'un univers romanesque, lui donnant enfin ses lettres de noblesse littéraire.

    Robert Abirached.

    Introduction de Robert Abirached.
    Commentaires et notes de Philippe Hamon et Marie-France Azéma.

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  • Pierre Froment, jeune prêtre tourmenté par la perte de la foi, chez qui Zola a mis beaucoup de lui-même, a tenté de se réconcilier avec la religion à Lourdes puis à Rome. C'est finalement à Paris qu'il trouve la réponse à ses angoisses : la découverte du travail et de l'amour sonne comme une renaissance, en lui offrant enfin de nouvelles raisons de vivre. Paru en 1898, ce roman est un immense drame social, une chronique exacte et animée de la vie politique française au moment du scandale de Panama et des attentats anarchistes, une peinture foisonnante du Paris moderne, de tous ses lieux, de tous ses mondes, un hymne à la ville-lumière, reine de l'univers et créatrice de l'avenir. Dans la lignée de Balzac et de Hugo, Zola apporte sa contribution au grand mythe romantique de Paris, au moment où s'achève le XIXe siècle.

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  • Zola Nantas suivi de Madame Sourdis Nantas, un jeune Marseillais ambitieux qui vient de monter à Paris, ne parvient pas à trouver de situation lorsqu'un soir une mystérieuse visiteuse lui propose d'épouser Flavie, la fille du baron Danvilliers : il reconnaîtra l'enfant dont elle est enceinte et percevra deux cent mille francs. Simplement, la jeune fille lui demande de n'être jamais son mari que de nom et, après sa brillante ascension sociale, c'est Flavie que Nantas voudra conquérir. Relation qui s'inverse dans la seconde nouvelle, où le triomphe de la virilité se retourne en défaite. Car si Adèle désire épouser Ferdinand Sourdis dans l'espoir de mener le jeune peintre à la gloire, la paresse aussi bien que la débauche du mari conduisent peu à peu sa jeune femme à achever ses tableaux - et finalement à usurper son rôle.
    Publiées pour la première fois en 1878 et en 1880 dans Le Messager de l'Europe, une grande revue de Saint-Pétersbourg, ces nouvelles appartiennent pleinement à leur temps. Mais si l'ambitieuse puissance de Nantas évoque Son Excellence Eugène Rougon, ou Aristide Saccard, l'aventurier prédateur de La Curée, c'est bien plutôt à la misogynie des écrivains proches de Zola que fait songer Madame Sourdis, femme-vampire qui aura finalement dévoré son mari et inquiétante annonciatrice de bien des névroses fin-de-siècle qui feront aussi frémir de cette épouvante-là.

    Edition de Jacques Noiray.

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  • Soulagé d'avoir achevé la « terrible série » des Rougon-Macquart, Zola cherche un sujet nouveau. En 1891, lors d'un voyage à Lourdes, il est saisi par le spectacle de cette « cité mystique » née de la vision d'une enfant en plein siècle positiviste. Il voit là un « admirable sujet » pour lequel il s'enthousiasme. Retournant à Lourdes l'année suivante, il se documente longuement sur le pèlerinage, les malades, les foules ferventes, les intérêts qui s'affrontent autour de la Grotte... Il en rapporte un témoignage incomparable, qu'il transpose dans un grand roman de la douleur et de l'espérance humaines. À travers le regard de son personnage principal, l'abbé Pierre Froment, Lourdes apparaît comme un symbole éternel, celui de l'humanité souffrante assoiffée de miracle, mais aussi comme le théâtre d'une grande idéologie moderne : la lutte de l'esprit de croyance et de l'esprit de raison.

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  • Après avoir vécu auprès du peuple souffrant des malades de Lourdes, l'abbé Pierre Froment poursuit sa quête spirituelle à Rome, où il vient défendre auprès du pape Léon XIII son livre, La Rome nouvelle, qui risque d'être condamné pour sa vision très critique de la société. Là, il découvre l'envers du décor du « monde noir » : intrigues, rivalités, violence, passions. « Depuis les cardinaux jusqu'aux petits prêtres de campagne », c'est tout le clergé romain qui défile dans cette extraordinaire peinture psychologique et sociale des milieux du Vatican.
    Paru en 1896, Rome décrit l'itinéraire intellectuel et moral d'un prêtre en proie au doute, avant Sous le soleil de Satan de Bernanos et Les Caves du Vatican de Gide. Zola nous interroge : le christianisme peut-il encore proposer un remède aux malheurs de l'humanité ? La Ville éternelle sera-t-elle le lieu de la régénération d'une « humanité sans frontières », pacifiée et heureuse ?

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  • A ce moment, le gendarme Rengade écarta brusquement la foule des curieux. Dès qu'il avait appris que la troupe revenait avec plusieurs centaines d'insurgés, il s'était levé. Dehors, sa blessure se rouvrit, le bandeau qui cachait son orbite vide se tacha de sang. Sa tête pâle enveloppée d'un linge ensanglanté, il courut regarder chaque prisonnier au visage, longuement. Et, tout d'un coup : " Ah ! le bandit, je le tiens ! " cria-t-il.
    Il venait de mettre la main sur l'épaule de Silvère. Rengade se tourna vers l'officier, qui n'avait pu trouver parmi les soldats les hommes nécessaires à une exécution. " Ce gredin m'a crevé l'oeil, lui dit-il en montrant Silvère. Donnez-le-moi... Ce sera autant de fait pour vous. "

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  • Zola La Curée A la fin d'une chasse, pendant la curée, les chiens dévorent les entrailles de la bête tuée. Pour le jeune Zola, qui déteste son époque, c'est le coeur de Paris, entaillé par les larges avenues de Napoléon III, que des spéculateurs véreux s'arrachent. Ce deuxième volume des Rougon-Macquart, histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire, est l'un des plus violents. Zola ne pardonne pas ces fortunes rapides qui inondent les allées du Bois d'attelages élégants, de toilettes de Worms et de bijoux éclatants. Aristide Saccard a réussi. Mais tout s'est dénaturé autour de lui : son épouse, Renée, la femme qui se conduit en homme, si belle et désoeuvrée ; son fils, Maxime, l'amant efféminé de sa belle-mère. On accusa Zola d'obscénité. Il répliqua :
    « Une société n'est forte que lorsqu'elle met la vérité sous la grande lumière du soleil. » Edition de Philippe Bonnefis.

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  • En 1874, Émile Zola, qui est déjà l'auteur d'imposantes fresques romanesques, fait paraître un recueil de quinze textes brefs sous le titre de Nouveaux Contes à Ninon. Sans restriction de genre, il y réunit avec une grande liberté fable, portrait, récit de souvenirs... Nous trouverons ici cinq de ces compositions à l'éclectisme délicieux, et où se rencontrent tour à tour un chat vagabond, un forgeron affairé ou encore une jeune héroïne au grand coeur.

    « J'avais alors deux ans, et j'étais bien le chat le plus gras et le plus naïf qu'on pût voir. À cet âge tendre, je montrais encore toute la présomption d'un animal qui dédaigne les douceurs du foyer... je n'avais qu'un désir, qu'un rêve, me glisser par la fenêtre entrouverte et me sauver sur les toits. » Textes extraits de Contes à Ninon suivi de Nouveaux Contes à Ninon.

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  • Olivier Bécaille est mort un matin, après trois jours de maladie. Le médecin est formel, et l'enterrement doit avoir lieu quelques jours plus tard. Mais, en réalité, Bécaille est bien vivant. Terrassé par une crise de catalepsie, prisonnier de son propre corps mais conscient de tout ce qui l'entoure, il assiste, impuissant, au chagrin de sa femme, aux préparatifs de sa mise en bière et à l'intervention d'un voisin un peu trop charmant...
    Dans ce conte macabre teinté de nostalgie, Zola nous livre une réflexion douce-amère sur la mort et ses conséquences parfois inattendues.

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  • Le 13 janvier 1898, un article retentissant paraît dans le journal L'Aurore, intitulé " J'Accuse ". Zola y prend nommément à partie les principaux responsables de la condamnation du capitaine Dreyfus. Il n'ignore pas qu'il court le risque d'un procès en diffamation, mais son coup de génie est de comprendre que c'est là le moyen de porter l'Affaire au grand jour - et devant la magistrature civile. C'est ce qui advient : condamné, Zola est contraint de s'exiler, mais " la Vérité est en marche ". Cette lettre ouverte au président de la République n'est que le moment le plus célèbre de l'action déployée par le romancier en faveur de Dreyfus. Lui-même réunit en 1901 ses différentes interventions dans un ouvrage, La Vérité en marche. Elles sont ici reprises et redéployées de manière pleinement chronologique, et enrichies de nombreuses autres pages. On y trouve une véritable leçon de lucidité et d'éthique politique.

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  • Zola L'Argent Dix-huitième volume des Rougon-Macquart, L'Argent est le premier grand western financier des temps modernes : bilans falsifiés, connivences politiques, fièvre spécula- tive, manipulations médiatiques, rumeurs, scandales, coups de Bourse et coups de Jarnac, lutte à mort entre les loups-cerviers de la finance qui déjà rôdaient chez Balzac.
    S'inspirant de quelques faits divers retentissants, Zola décrit le culte nouveau du Veau d'or, la vie secrète de son temple, l'activité fiévreuse de ses desservants ; il dénombre ses élus et ses victimes.
    A l'heure des conßits économiques planétaires, il faut revivre cette croisade et cette épopée du Capital.
    A l'heure où les audaces de la technologie bancaire nous font frémir, il faut relire cet hymne à la vie.

    /> Edition de Philippe Hamon et Marie-France Azéma.

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  • Quand Zola explore les bas-fonds de Marseille.
    Dans ce roman-feuilleton écrit à 27 ans, en même temps que Thérèse Raquin, en partie inspiré par sa jeunesse provençale, Zola conte les amours de Philippe Cayrol, républicain désargenté, et de Blanche de Cazalis, nièce d'un tout-puissant député royaliste marseillais. Sur fond d'épidémie de choléra, le frère de Philippe, Marius, va tout faire pour protéger les deux amants - et le fils que Blanche met au monde avant d'entrer au couvent - de la colère de Cazalis...
    Initialement publié dans Le Messager de Provence en 1868, ce roman-feuilleton a d'abord été un drame en cinq actes, représenté quatre fois sur la scène du théâtre du Gymnase. Inspiré d'un fait divers de 1823, il s'inscrit dans la lignée des Mystères de Paris d'Eugène Sue et de ses imitateurs. Il témoigne déjà de la conscience politique de Zola, de son goût pour la peinture de la diversité sociale, mais aussi des grands événements historiques - ici, la Révolution de 1848 et l'épidémie de choléra qui frappa alors l'Europe.
    Scandales, enlèvements, trahisons, affaires louches, meurtres en cascade et rebondissements en tous genres : ce « roman historique contemporain » est aussi un formidable suspense, doublé d'un roman noir. Provençal de coeur, Zola a copié au greffe des tribunaux de Marseille et d'Aix les pièces des grandes affaires locales, qui avaient passionné depuis cinquante ans. Le roman reparaîtra en 1873 sous le titre Un duel social, et le pseudonyme d'« Agrippa ».

  • Zola L'Oeuvre Dans aucun autre roman Zola n'a mis autant de lui-même que dans L'Oeuvre. Zola, le critique d'art, ami de Cézanne, fervent défenseur, contre l'art officiel, de Manet, de Monet et de toute l'avant-garde qu'incarne Claude Lantier dans le roman. Zola, l'écrivain naturaliste, rêvant de donner son existence entière « à une oeuvre où l'on tâcherait de mettre les choses, les bêtes, les hommes, l'arche immense ». Zola, l'homme enfin, et les souffrances quotidiennes de la création vues à travers l'insatisfaction permanente et l'angoisse de déchoir d'un peintre génial et d'un romancier travailleur.
    Roman de la passion de l'art au détriment de la vie et de l'amour, L'Oeuvre met en scène à la fois l'enthousiasme d'une révolution artistique et le drame éternel de l'artiste aux prises avec la création.

    Edition de Marie-Ange Voisin-Fougère.

  • Avec Les Romanciers naturalistes (1881), qui rassemble des études d'abord publiées en Russie dans Le Messager de l'Europe entre 1875 et 1880, Zola promeut les grandes figures incarnant à ses yeux le triomphe du roman au XIXe siècle. En tête du volume vient Balzac, le «père de notre roman naturaliste», puis Stendhal, le «mécanicien de génie». Flaubert, le «pionnier du siècle», trône en position centrale. Arrivent ensuite les frères Goncourt, pour leur aptitude remarquable à restituer les sensations, et Daudet, cet «écrivain de race». Avec une lucidité que ne démentira pas la postérité, Zola passe aussi en revue la cohorte des «romanciers contemporains», ces écrivains calamiteux qui saturent le marché du livre.
    Cette grande leçon de critique, qui fit alors scandale, élargit notre compréhension du naturalisme et éclaire en profondeur la poétique du genre. Visionnaire comme toujours, Zola s'y plaît à façonner l'histoire littéraire pour sacrer « les princes du roman».

  • Serge Mouret est le prêtre d'un pauvre village, quelque part sur les plateaux désolés et brûlés du Midi de la France. Barricadé dans sa petite église, muré dans les certitudes émerveillées de sa foi, assujetti avec ravissement au rituel de sa fonction et aux horaires maniaques que lui impose sa vieille servante, il vit plus en ermite qu'en prêtre. A la suite d'une maladie, suivie d'une amnésie, il découvre dans un grand parc, le Paradou, à la fois l'amour de la femme et la luxuriance du monde. Une seconde naissance, que suivra un nouvel exil loin du jardin d'Eden. Avec cette réécriture naturaliste de la Genèse, avec ce dialogue de l'ombre et du soleil, des forces de vie et des forces de mort, du végétal et du minéral, Zola écrit certainement l'un des livres les plus riches, stylistiquement et symboliquement, de sa série des Rougon-Macquart.
    Préface de Michel de Certeau Commentaires et notes de Philippe Hamon

  • «Les Rougon-Macquart, roman, se dresse contre la société bourgeoise dont son auteur attaquait déjà les bases esthétiques dans ses campagnes contre le salon officiel, protégé par l'Impératrice, contre le régime que, journaliste, il fouette de plus en plus ouvertement dans la Tribune. Le 31 juillet 1869, il célèbre à sa manière le centenaire de Napoléon Ier en remarquant que ce sont les morts qu'il faudrait convoquer à cette belle fête, la fête d'un peuple d'égorgés. Dès le premier roman, La Fortune des Rougon, où l'on voit les ridicules sordides des partisans de Napoléon III, en Provence, lors du coup d'État, dès le second, La Curée, où les arrivistes se transforment en parvenus, Zola attaque un régime de boue, de lâcheté, de terreur qui ne s'avoue pas. Les cortèges de Plassans, menés par la petite Miette enveloppée dans les plis du drapeau rouge, jetant la terreur sur leur passage parmi les notables, ne sont que le prologue aux apocalyptiques cortèges de Germinal, encore dans les limbes.
    Le jeune écrivain a taillé, en bûcheron, son contrefeu. Il sait où il va. L'avenir l'appelle, le romantisme le pousse. Il veut être prométhéen. L'hérédité, l'homme physiologique, le roman expérimental, l'ombre de Balzac, la découverte de la condition ouvrière, l'amour de la République, la haine de l'Empire, le naturalisme transcendant le réalisme, il domine ces masses mouvantes, en puissant forgeron à lorgnon. Il brasse un monde.» Armand Lanoux.

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