François de Smet

  • En 2005, Bobby Henderson, étudiant à l'université de l'Oregon, aux États-Unis, décide de créer de toutes pièces une nouvelle religion, parodique et potache, dont le dieu n'est autre qu'un « Monstre en spaghetti volant » : le pastafarisme. Aujourd'hui, ce culte qui n'en est pas un possède des centaines de milliers d'adeptes dans le monde, tous désireux de souligner en s'amusant les absurdités des religions officielles et des passe-droits dont elles bénéficient. Or, dans plusieurs pays du globe, le pastafarisme compte désormais parmi les religions reconnues par l'État...
    Dans Deus Casino, François De Smet part de ce qui pourrait n'être qu'une anecdote pour s'interroger : et si, derrière la blague qu'est le pastafarisme, se cachait en réalité une vérité valant pour toutes les religions ? Relisant les plus grands philosophes en même temps que les dernières recherches en matière de neurobiologie, il souligne l'importance sous-estimée du jeu dans l'invention et la diffusion des croyances et des cultes. Pendant des millénaires, nous avons fait des dieux les choses les plus sérieuses qui fussent. Et si, au contraire, ils étaient la preuve de notre frivolité ?

  • Sexe contre ressources : et si cet échange sulfureux, stigmatisé comme le monopole des filles de joie et autres sugar babies, constituait en réalité le ressort de toutes les relations sentimentales? Tel est le sens de l'échange économico-sexuel, théorie selon laquelle, de la simple «passe» au mariage bourgeois, il n'y a de différence que d'amplitude, et non de nature.
    Le monde des sentiments est aujourd'hui un marché, entretenu par un modèle culturel dominant ayant capitalisé sur une nature humaine d'homo comptabilis qui n'a jamais cessé de s'exploiter elle-même. Internet a achevé ce travail de marchandisation en nous transformant tous en acteurs d'un mercato permanent, au sein duquel chacun évolue comme client et marchandise. Monnaie d'échange et intimité sont substantiellement liés, mais nous sommes perpétuellement invités à faire comme si ce n'était pas le cas.
    Dès lors, notre époque se caractérise par un gigantesque refoulement de la nature comptable de l'être humain et de la nature vénale de l'amour. Ce qui nécessite un double mouvement en apparence contradictoire : la mise au ban de la putain comme rappel de cette insupportable vénalité, et l'investissement dans l'amour comme religion ultime.

  • Pourquoi donc sommes-nous si accrochés à notre maigre « je » ? Pourquoi refusons-nous d'accepter les leçons les plus radicales de la neuroscience ou de la psychologie cognitive à propos de notre « identité » ou de ce que nous aimons à considérer comme notre « libre arbitre » ? Quel mal y aurait-il à accepter que nous soyons le résultat de déterminations qui nous dépassent - et que nos choix ne soient que des colifichets ayant pour seule fonction de nous rassurer ?
    Dans Lost Ego, François De Smet répond à toutes ces questions de la meilleure manière qui soit : en mettant le doigt sur les peurs qui continuent à nous voir nous accrocher à des reliques de notre « moi » en miettes et que nous refusons de regarder en face. Non, nous n'existons pas - mais c'est précisément parce que nous n'existons pas que nous pouvons trouver le moyen de vivre. Seuls, et surtout ensemble.

  • La migration est l'impensé politique majeur de ce début de XXIe siècle. Gérée à reculons par les faits et la jurisprudence, la politique en matière migratoire a consisté, depuis la fermeture des frontières de 1974, à faire muer l'Europe en forteresse. L'État, construction sédentaire, méprise par nature le nomade qui vient rechercher une herbe plus verte.

    Ce petit livre tente de tirer parti des principaux problèmes rencontrés par la question migratoire et de suggérer, au départ du droit cosmopolitique kantien et des conséquences tirées de la rotondité de la Terre, les formes que pourrait revêtir, demain, une meilleure prise en compte des enjeux migratoires inhérents à notre époque.

  • Lorsqu'en 1990, Mike Godwin, un jeune avocat de l'État de New York, formula la proposition qui allait très vite devenir la loi portant son nom, personne n'imaginait que celle-ci deviendrait un jour aussi célèbre que les plus grandes lois physiques : " Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler se rapproche de 1. " Dans les échanges se déroulant sur internet, se livrer à une telle comparaison signifie désormais aussitôt recevoir des autres participants ce que l'on appelle un " Point Godwin " - la médaille de la honte de l'internaute.
    Mais ce qui peut sembler n'être qu'un simple tic de geek n'est-il que cela ? N'y a-t-il pas dans l'obsession pour le nazisme, l'hitlérisme et l'Holocauste l'une des plus embarrassantes vérités de notre temps ? Et si notre obsession pour le souvenir de la Shoah et la limite qu'elle pose à la liberté d'expression n'étaient rien d'autre que le signe de notre incapacité contemporaine à admettre le mal ?

  • La nation est une promesse de réalisation et d'unité. Elle réunit, par cet engagement implicite, les citoyens vers un narcissisme collectif qui sert, dans la foulée des cultes et des idéologies, à repeindre de sens un ciel métaphysique que l'homme perçoit de plus en plus vide au-dessus de lui. Mais dans le même temps, la nation se révèle être l'un des périls de la démocratie, car sa nature cachée est de réduire le monde à une expression homogène et à une continuité excluant le mouvement et la contingence ; la nature de la nation est de correspondre à la velléité de l'homme, terrifié devant le chaos du monde, de vouloir se fondre dans la totalité rassurante au risque de ne plus évoluer. Le danger inhérent à la nation consiste à se perdre dans le passé, dans l'identité et de promouvoir une idée de la pureté qui, par essence, peut tout broyer sur son passage, et qui refuse de voir l'utilité instrumentale de la démocratie comme outil de gestion d'une société.

  • La souveraineté, régulièrement identifiée comme un sujet de philosophie politique dérangeant pour notre modernité, est une notion dont le caractère abstrait constitue la condition de la pertinence comme arbitre de la régulation imposée par la figure de l'État et par la légitimité que celui-ci acquiert dans les structures de type moderne et démocratique. C'est parce que la souveraineté est abstraite que l'autorité est légitime. L'idée que la souveraineté ne fonctionne pas sans un soupçon d'abstraction qui permet de lier le principe d'autorité avec une logique rationnelle est au coeur de cet ouvrage, et renvoie de manière directe à ce que l'on a coutume de nommer la question théologico-politique. La souveraineté constitue un mythe appelé à poser l'autorité sur un principe de légitimité qui permette son succès, dont les structures sont propres à la modernité mais dont la nature et les objectifs sont comparables aux mythes plus anciens : expliquer et justifier la présence d'une autorité par les hommes sur d'autres hommes, en faisant intervenir des catégories issues des idées politiques amenées par la modernité, au premier rang desquelles la subjectivité, comme critère rationnel de légitimité. De ce point de vue, du Corps au Contrat social, c'est un même enjeu qui se déploie dans l'histoire sous la forme de représentations contingentes.

  • "Le débat politique et social est cerné par le concept d'étranger et de tout ce qu'il charrie : racisme, intégration, laïcité, communauté, religions, histoire, migrations. Autant de déclinaisons nous ramenant à des représentations intérieuresbien ancrées. Le racisme nous renvoie à nos peurs et à notre représentation de nous-mêmes, que nous finissons par haïr chez l'autre pour ne pas avoir à les combattre en nous-mêmes. Le fait religieux et la laïcité nous confrontent à notre finitude..."

  • La laïcité paraît un concept entendu, évident et clair. A bien y regarder, pourtant, les enjeux liés à la laïcité jalonnent de manière polémique ce que l'on nomme couramment le « vivre ensemble » et empoisonnent régulièrement l'ensemble des débats consacrés de près ou de loin à l'intégration. La question peut légitimement se poser : la conception de laïcité qui est la nôtre est-elle pleinement adaptée aux enjeux de notre temps, marqués par des tensions identitaires de tous types, par la redéfinition des identités individuelles, par la complexification des rapports humains ?
    Il semble donc nécessaire de s'interroger sur l'avenir du concept de laïcité en des temps où le besoin d'une refondation se fait ressentir, en replaçant son émergence philosophique dans le cadre de la sécularisation dont l'histoire des idées est le témoin. A ce titre, il convient d'interroger la notion de liberté dans son application spécifique aux libertés fondamentales de conscience et de convictions. Il s'agira également de réfléchir la nature du sentiment religieux afin d'en extraire les éléments dynamiques permettant de comprendre la singularité des convictions liées aux appartenances cultuelles. Ceci permettra de déterminer les conditions d'une laïcité dynamique, axée sur les principes de la réciprocité et du métissage.

  • En 1948, dans la foulée de la guerre et de la découverte de la Shoah, un comité de rédaction exceptionnel dirigé par Eleanor Roosevelt et René Cassin tentait de rédiger la toute première déclaration des droits de l'homme à vocation universelle. Cet évènement s'avérera être une confrontation constante entre plusieurs visions du monde : Orientaux et Occidentaux, Américains et Européens, Nord et Sud... Cette bande dessinée revient sur l'histoire de cette équipe qui a couché sur papier un rêve commun : un monde dans lequel l'homme ne serait plus une proie pour l'homme.

  • Malgré des avancées significatives durant le 20e siècle, le combat féministe reste toujours d'actualité. D'Olympe de Gouges à Virginie Despentes en passant par Simone de Beauvoir ou Angela Davis, cette bande dessinée retrace, à travers des événements et des slogans marquants, les grandes étapes de ce mouvement et en explicite les concepts-clés, comme le genre, la domination masculine, le « slut-shaming » ou encore l'intersectionnalité. En 1948, dans la foulée de la guerre et de la découverte de la Shoah, un comité de rédaction exceptionnel dirigé par Eleanor Roosevelt et René Cassin tentait de rédiger la toute première déclaration des droits de l'homme à vocation universelle. Cet évènement s'avérera être une confrontation constante entre plusieurs visions du monde : Orientaux et Occidentaux, Américains et Européens, Nord et Sud... Cette bande dessinée revient sur l'histoire de cette équipe qui a couché sur papier un rêve commun : un monde dans lequel l'homme ne serait plus une proie pour l'homme.

  • Depuis les élections du 25 mai 2014, le paysage politique belge a été bousculé avec une rare violence. Des majorités hétéroclites se sont formées. Pour la première fois, alors qu'ils ont voté le même jour pour à peu près les mêmes partis à différents niveaux de pouvoir, les francophones se retrouvent gouvernés par des majorités entièrement différentes dans les régions et au fédéral !

    Le fédéralisme du pays est soumis à un test de résistance hors du commun, et la Belgique est entrée de manière inattendue dans une logique confédérale ; cette fois non pas poussée par des revendications communautaire, mais par les choix posés de coalition posés par les partis. Comment en est-on arrivés là ? Comment s'y retrouver entre majorités et oppositions ? Comment comprendre la situation actuelle ? Quel est le double jeu de chaque parti pour conquérir le pouvoir ?

    Ce petit livre propose quelques réponses et un état des lieux des institutions (Etat fédéral, régions, monarchie) et des acteurs (les partis), alliant informations réelles, regards décalés et impertinents et dessins de Pierre Kroll.

    Bienvenue en Belgique "presque" confédérale !

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